- Eh bien de ce que je sais elle n'est pas tout à fait Taleydra..., répondit-il en prenant appui de l'épaule sur le mur proche de sa compagne. Je sais que sa mère en était une, je crois que son père non... Et étant donné le lien qu'elle possède avec le Dyheli qui l'accompagne partout, je soupçonne fortement que son père était un Héraut... Quoi que je ne sache pas vraiment s'il existe une hérédité dans la capacité à se lier à un compagnon...
Il sourit ensuite aux propositions de noms Taleydra que lui suggérait Thalyana.
- Loupnoir ? Est-ce donc ainsi que tu me vois ? Intéressant..., fit-il en prenant un air faussement vexé. Ce n'est peut-être pas une très bonne idée de m'affubler de ce genre de nom maintenant tu sais, je risquerai de m'offusquer et de te le faire payer pendant la suite de l'entraînement... Ou peut-être un peu plus tard..., ajouta-t-il en s'éloignant légèrement du mur avec un air de défi.
Lorsqu'elle lui parla de la nuit à venir, Kalaïd eut un large sourire (ce qui lui arrivait plus que rarement... Non, « jamais » serait un terme plus approprié...). Il ne répondit pas tout de suite, se rapprochant au plus près de la belle demoiselle...
- Oh je suis sûr que nous saurons trouver tout un tas... D'occupations... Susceptibles de nous maintenir éveillés toute la nuit, plus sûrement qu'une insomnie...
Il rit franchement cette fois (ce qui arrivait encore plus rarement que « jamais » ) à la remarque de la jeune femme sur les cours d'anatomie. La chemise de la jeune femme épousait à présent parfaitement la plastique parfaite de son support...
- Ah... Peut-être devrais-je moi aussi me présenter à tes examens, je suis sûr d'arriver en bonne place également..., dit-il à mi-voix, la tête légèrement penchée de côté, comme un esthète admirant une oeuvre rare...
Voyant la jeune femme prête, il alla récupérer son couteau dans la cible et le confia à la jeune femme, en prenant un deuxième au râtelier pour lui-même.
- Bien, la garde tout d'abord. Pied droit en avant, pied gauche en retrait. On conserve ici la règle de la largeur des épaules reportée au sol pour l'écart entre les deux pieds. En parlant d'eux, tu va devoir rentrer les pointes légèrement vers l'intérieur : tu n'as plus d'arme de défense dans la main gauche, donc ton flan est exposé. Orienter tes pointes de pied vers l'intérieur te permettra de limiter l'exposition de tes artères fémorales qui courent sur la partie intérieure des cuisses. En revanche, attention à tes déplacements. Tu as gagné en défense, mais orientant tes pieds de cette manière, tu perds en liberté de mouvement. Tes hanches se retrouvent en effet verrouillées par là-même. Il faudra donc te déplacer groupée, par pas chassés successifs et rapides. Bien, maintenant la partie haute. Bras collés aux côtes, avants bras relevés. Tu dois avoir la main gauche ouverte, en protection, le couteau main droite sens normal, le pouce posé sur le dessus de la lame, il te servira à appuyer tes coupes... J'ai compris que tu ne voulais pas tuer, tu vas donc exploiter une technique particulière qui demande de la diversité et de l'imagination. Tu vas « tirailler » ton adversaire. En fait tu vas venir faire des coupes successives, dans des endroits non dangereux, donc où tu pourras tailler franchement. Ça fait mal, donc l'attention est retenue, et toi tu as déjà bougé pour frapper ailleurs. Cette technique de combat te demandera de la précision et de la rapidité, donc de l'exercice... Bref. Pour ce qui est de la défense au couteau, elle est particulière. En fait elle ira de paire avec le tiraillement de l'adversaire. N'essaie pas de parer une lame avec ton couteau, à part que ta main soit guidée par la déesse elle-même, il n'y vraiment aucune chance que ça fonctionne. Tu devras te servir de ta main gauche. Il va falloir rentrer volontairement dans la frappe de ton adversaire, bloquer non la lame mais directement le bras où le poignet, et frapper simultanément. Ce dernier mot est très important. Il faut que tu attendes la frappe, et au moment où elle arrive, tu bouges. Groupée, comme je l'ai dit tout à l'heure, tu pares, et tu tranches en même temps. Je te montre...
Ce disant, le jeune homme appela un des gardes proches. Il lui demanda une attaque latérale à la hache. Au moment où l'attaque se produisit, Kalaïd avança d'un bon court directement contre son adversaire, et saisissant le bras de celui-ci lui porta un coup tranché au poignet. Dans le même mouvement, il vint lui trancher l'intérieur de la cuisse, et passant sur le côté de l'homme vint achever son action en lui portant un coup au tendon d'Achille.
Il remercia l'homme en le renvoyant à son entraînement, avant de reprendre pour Thalyana :
- Voilà un exemple de ce que la défense et la riposte au couteau seul peut donner. Tu as vu la façon dont je suis rentré dans sa garde ? C'est de cela qu'il est question. L'action a durée moins de trois secondes, et il ne faut pas que ça dure plus longtemps. Il ne faut pas qu'il réfléchisse. Tes mouvements doivent être rapides et couler naturellement en quelque sorte, en une partition ininterrompue... J'ai choisi une issue non-létale à cet enchaînement pour te montrer qu'il est possible de ne pas tuer tout en neutralisant. S'il ne s'agissait pas d'un couteau d'entraînement, il serait au sol et désarmé à l'heure actuelle, et toi tu serais en sûreté... Viens essaye quelques passes avec moi...