[justify:3fnze1lv]Cette histoire commence un jour sombre où la lune ne parvenait pas même à éclairer ne serait-ce qu’une partie de la route qu’elle surplombait. Des nuages d’un noir profond s’étalaient à perte de vue cachant l’astre argenté et dissimulant, dans l’ombre, un personnage des plus étranges….
Un homme, masqué par l’obscurité qui se mouvait parmi les ombres, aussi silencieux que le vide qui régnait sous les océans, aussi calme qu’un désert aride. Il avançait d’un pas sûr et sans mot dire.
On aurait pu penser qu’il avait quelque chose à se reprocher, cet homme si discret et peut-être….Ou peut-être n’était-ce pas le cas après tout. Pas de son point de vue. Certes, il avait tué, certes, il avait blessé…. Mais quel être aurait-il mérité la mort de sa main ? Un innocent ? Une veuve ? Un orphelin ? Non, bien sûr. Un criminel….Une crapule invétérée… un monstre de lâcheté et de cruauté nommé Larsa.
Cet être ignoble avait, à maintes reprises, propagé la souffrance dans son sillon, causant la peine la plus profonde à tous ceux qu’il rencontrait et même ceux qui avaient le malheur de l’aimer. Ce fut le cas d’un jeune homme d’une vingtaine d’années. Cayal.
Un jeune homme sensible et surtout influençable. Un garçon encore innocent de la plupart des choses de la vie, ne voyant guère le mal si ce n’était celui que l’on pouvait lui faire subir d’un mot ou d’une gifle.
Leur rencontre fut si étrange et pourtant si simple. Une mort non loin, un garçon pris d’une curiosité morbide, un homme marchant à vive allure sans pour autant avoir l’air inquiet. Un heurt, une chute…..
Ils ne s’étaient retrouvés que bien plus tard mais le hasard n’avait rien à voir avec cette histoire. Larsa avait suivi Cayal, malgré lui aurait-il dit, fasciné par les yeux de l’innocent, par ses gestes simples et clairs, par sa beauté juvénile et sans défauts. La Bête en lui, qui sommeillait pour le moment laissait la part belle à son cœur, si infime et presque absent soit-il. Il ne put guère résister.
Observant Cayal, il se plaça volontairement sur son chemin et une nouvelle chute survint. Le jeune homme reconnut alors l’homme qu’il avait déjà heurté auparavant et la discussion, puis le flirt prirent place. D’abord hésitants, la gêne présente dans presque tous leurs mots, puis, un mouvement, une caresse et elle s’enfuit aussi vite qu’elle avait pu apparaître.
Des mots échangés, des baisers, un amour qui aurait pu durer par delà l’éternité mais la Bête veillait. Présente, insolente et affamée.
Le cœur de Larsa battait vite et fort alors que son esprit s’embrumait de pensées obscènes, d’actes violents et sanglants. Tant d’atrocités que la Bête appréciait, qui le faisait frémir et hésiter. Tant de terreur à prodiguer, la Bête, jamais ne s’en lasserait puisque son esclave était lui-même terrifié.
Ses envies reprenaient le dessus comme avant, sans considération pour sa vie présente ou pour ses sentiments et lui susurrait des mots de mort, des mots à ne jamais prononcer. La souffrance de son amant lui semblait une fontaine de plaisir dans le noir tumulte de ses pensées sans écho, qui n’attendaient qu’un cri de douleur pour rebondir sur la surface irrégulière de son esprit.
Quel obscur sentiment, mais pourtant si plaisant que l’amour mêlé à la mort. N’était-ce pas la base du romantisme ? Mourir pour celui que l’on aime…. Mais à quoi bon se mentir ? Il savait que lui ne mourrais pas car ce n’était jamais le cas. La Bête était là et ne le laisserait pas partir, elle continuerait à le surveiller, à le forcer, à le tuer en détruisant sa volonté.
Le temps passait, ligne intangible et impossible à stopper, traînant avec lui des chariots de souvenirs, émoussant ou ravivant des sentiments, laissant la place à l’habitude puis, se brisant en un instant. Seuls les morts pouvaient être libérés de son emprise et bientôt, Cayal en ferait partie. Un souvenir oublié dans le temps, un sentiment présent sans être là, une habitude perdue au profit d’une autre….
Le jeune homme aveuglé par sa joie qui semblait s’étendre bien plus loin que tous les rayons du soleil laissait tout son être tenter d’entourer son amant de sa protection, de le tenir éloigné de tout ce qui pouvait être mauvais, ne s’apercevant jamais que c’était le mal qu’il enlaçait. Ce qui devait survenir advint et l’un d‘eux tenta lors d’un baiser de tuer cet amour peut-être trop profond.
La Bête avait repris possession de Larsa. Et c’est ainsi que deux jours passèrent où des images cruelles et improbables se déroulèrent devant ses yeux fermés. Une lame éclatante dans le reflet d’une bougie. Elle plongeait dans un rouge carmin, fusant telle une étoile filante hors du corps de Cayal.
Ils se sont enlacés, chacun dans le réconfort de l’autre, chacun se croyant en sécurité mais l’obscurité restait présente, elle guettait, attendant le moment propice pour éteindre la vie, éteindre le ciel et la lumière d’un cœur.
Une dague sanglante dans la main, un regard froid et cruel, sans âme et sans remords. Un corps à terre et des sanglots étouffés. Une nappe augmentait sur le sol, brillante et luisante était la vie qui fuyait devant l’ombre. Comme si elle avait voulu échapper à la lumière noircie de la chandelle, témoin de cette atrocité.
Un homme reculait dans l’ombre sans ciller, son âme refroidie par le vide, il sortit de la maison partagée plus d’un an sans que la bête ne vienne la troubler. Cet homme, c’était Cayal. Et la Bête était morte, tuée par sa proie car une proie peut devenir un prédateur et se révéler bien plus froide et cruelle qu’un être démoniaque venu des profondeurs.
Larsa avait tué l’amant de Cayal et c’est là qu’ils s’étaient rencontrés. Une haine comparable en force à l’amour qu’il avait éprouvé s’était installée et la froideur de ses pensées l’avaient conduit à causer une telle douleur au meurtrier. S’en faire aimer et le tuer pour compenser la perte qu’il avait causée.
Peut-être un jour, vous rencontrerez un homme au regard vide, un homme froid et semblant dépourvu d’âme. Un homme nommé Cayal. Parfois tremblant et pleurant de ce qu’il avait fait, d’avoir perdu celui qu’il aimait…. Pas son premier amant, mais celui qu’il avait tué. Lui accordant la forme ultime de l’amour : la libération de la vie et la paix de l’âme.
Si vous le croisez, alors, regardez ses gestes simples, sa beauté sans faille son sourire candide, mais n’oubliez pas, surtout n’oubliez pas que même chez un être à la si douce apparence, parfois…. La Bête sommeille.[/justify:3fnze1lv]
Voilà, bon, c'est du vite fait hein

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