Une fois tout le monde regroupé, il semblait possible d'aller jusqu'au bout du monde... et franchement, certains se demandaient réellement si on n'y était pas arrivés plus vite que prévu. Il ne restait qu'à descendre la montagne pour arriver sur le bord d'une étendue d'eau immense. Mer, océan, ou véritable frontière du monde? Qu'ils soient éduqués ou non, les participants à la mission pouvaient honnêtement se poser la question.
Mais Beltran ne resta pas longtemps plongé dans la contemplation de cette étrange vision. Il croisa le regard des Compagnons, qui le regardaient depuis quelques secondes d'un air sérieux, puis il chercha des yeux Dellaria. La ratha était bien plus en forme depuis qu'elle s'était mise à les guider, et était un peu perdue - mentalement. Quand elle comprit que le Capitaine attendait son avis, elle rappela sa présence à Elbereth:
El', nous devons descendre, et rejoindre la ville. Là-bas, nous aurons des informations... Et je sens que c'est important d'y aller. Très important, pour nous deux au moins, et pour tout le monde, je pense... Peux-tu transmettre ça à Beltran? Je me charge de trouver un chemin sûr pour la descente. A ce moment, chaque personne Liée à un Compagnon eut la surprise d'être contactée mentalement. Une sorte de conférence mentale se tint, Béthaniel parlant pour les Blancs.
Il est temps de contenter votre curiosité. Nous avons deux messages. Le premier est qu'une chose grave est arrivée à Haven. Le Champs a été piégé par un mage noir, mais il a été nettoyé. Il reste des traîtres à Haven... Mais les Guérisseurs ont enfin le remède efficace contre la maladie, et nous ne risquons plus rien. Saskia, nous nous occuperons de Guerren dès l'arrivée en bas, comme prévu. La deuxième nouvelle, est que le Seigneur Barrn et le Sieur Vlad ont trouvé une mention à une mer géante et une île appelée Sironis où une Déesse du Vent serait cachée... Nous avons toutes les raisons de croire que c'est l'endroit que nous cherchons... Beltran et les autres sont au courant. Mais nous soupçonnons des traitres, et nous préférons ne rien dire aux non Liés. Votre amie Elbereth est mise au courant par sa Liée aussi. précisa-t-il alors qu'au même moment, la ratha tenait le même discours à sa mage.
Rian s'agita alors.
"Anor." fit-il. Il semblait avoir suivi la conversation mentale, et souriait largement. "Anor."
Beltran, un peu à l'écart, venait de répondre avec un sourire à Mina:
" C'est une grande étendue d'eau. Un peu comme un lac, mais tellement plus grand. On appelle ça la mer, ou l'océan. Heureusement que vos Compagnons m'ont prévenu, parce que ce n'est pas sur les cartes. Mais je crois qu'on touche au but."
Le sourire du soldat blond se fit plus franc, et il tapota gauchement l'épaule d'Irmingarde avec quelque chose qui ressemblait à de l'affection, avant de faire écarter son cheval et se rapprocher de Dellaria et Elbereth.
Une fois la conférence mentale finie, chaque Compagnon se consacra à son Elu... Ce qui voulait dire, pour Guerren, autant Saskia que le petit Modifié. Une autre conversation se tint alors:
Je vais pouvoir guérir, Saskia. Si c'est possible, je suis sûr qu'il te sera possible de trouver Antéa, quoi qu'elle soit devenue. Je suis confiant. fit-il tendrement à celle qu'il considérait comme son amie à part entière désormais. Il ajouta, un brin malicieux:
Comme ça, quand tu rentreras pour ton mariage, tu pourras la faire parader devant toute la Cour et faire enrager ton père. Beltran finit par ordonner de repartir. Elryk chevauchait à ses côtés, l'air aussi concentré que lui. Ils discutaient par moment, incluant le Héraut responsable du groupe. Le reste du groupe semblait motivé à avancer, et maintenant qu'un but visible apparaissait comme la "fin" du voyage, les conversations redevenaient animées, et des sourires étaient visibles.
La descente était dangereuse. Sans les Compagnons qui aidaient à la fois leurs Elus et les autres dans certains passages, il aurait été impossible d'avancer. C'était une des raisons potentielles au fait qu'ils n'aient jamais entendu parler de cet endroit?
En quelques jours cependant, ils avaient abandonné les montants escarpés et froid, pour atteindre une zone vallonnée plus clémente et verte que tout le monde accueillit avec soulagement. Surtout Rian, qui demanda aux pauses à aller jouer dans l'herbe. Il ne s'éloignait jamais, mais il allait souvent regarder avec curiosité chaque personne du groupe. Son regard modifié était gênant pour la plupart, et le fait que le gamin répète sans cesse les mots des autres avait tendance à énerver. Mais Rian restait le plus souvent avec Saskia, ou allait jouer avec Rinnerl. Les deux s'entendaient à merveille; et les Compagnons aimaient bien le garçonnet. Guerren y portait une attention toute particulière.
Et un matin, alors que la brume matinale s'écartait, ils purent se rendre compte qu'ils étaient à moins d'une demi journée de la ville qu'ils avaient repérés. Et surtout que des gens inconnus étaient assis autour de leur feu de camps. Personne ne les avaient entendus, et la sentinelle semblait très gênée de les trouver là.
Une femme, richement mais encore plus exotiquement vêtue qu'un Tayledras, semblait diriger une troupe d'hommes et de femmes armés. Leurs vêtements ressemblaient à de la soie résistante, tissée de fils de couleurs, et arrangés comme des pagnes chez les hommes qui portaient aussi une cuirasse en cuir bouilli, et comme des robes courtes surmontées d'une même cuirasses. Leurs jambes portaient des jambières de cuir, et ils marchaient en sandales de cuir. Seule la femme ne portait aucune armure [HJ: elle porte un sari, comme les Indiennes d'Inde] et était habillée presque entière de rouge, dans de la soie finement brodée. Ils ont tous une couleur de peau ambrée, presque brune, de grands yeux noirs, des cheveux très noirs, magnifiques - et presque tous longs - et sont tous très grands.
"Aanor ha detto che state arrivando oggi. Noi obbediamo alla dea, ma devo sapere se avete intenzione di farnoi del male." commença la dame dans une langue totalement inconnue d'un ton posé mais indéniablement ferme.
Les Compagnons semblaient perplexes, les soldats et autres étaient perdus, personne ne pouvait traduire. Personne, sauf...
Aanor les a prévenu de notre arrivée, mais même si elle dit obéir elle veut savoir si nous avons de mauvaises intentions à leur égard. Dellaria venait de transmettre tout ça à Elbereth, lui laissant la tâche de traduire. Ce qui fut amusant, fut la tête des inconnus, qui perdirent une seconde leur masque serein, lorsque la ratha s'avança... et que les Compagnons se montrèrent. Crainte révérencieuse, ou surprise? Une seconde plus tard le masque était retombé et ils attendaient la réponse des autorités, maintenant debout et armes en main, bien que non menaçants.
[ Tous: la nuit précédente, tout le monde a eu des nausées, grosse fatigue, impossible d'utiliser ses Dons (à part Mina, même si pour une fois c'était assez compliqué). Les Compagnons étaient aussi fatigués, comme si toute l'énergie s'était évaporée. Mais au lendemain, tout va bien, comme si ça n'avait été que passager heureusement.
Saskia : alors que Rian s'était considérablement détendu pendant le voyage, à l'apparition des étrangers, il s'est caché contre toi, puis a couru se cacher derrière Guerren. Tu as eu encore quelques visions nocturnes, notamment toi dans une robe très blanche, avec Guerren/Antéa à tes côtés, et Arthon qui te tend la main devant toute la cour. Mais ta famille est toujours absente.
Tu as pris du poids, tu as souvent des nausées, et Arthon te manque terriblement. Maintenant, tu es sûre que ton retour sera plus qu'une grande joie pour tous.
Isabeau: le lien avec ton Compagnon est de plus en plus fort, et il répond autant à ton caractère que s'il avait été fait sur mesure pour toi (ce qui est sans doute le cas), même s'il est quand même assez cachottier et qu'il te répond parfois avec beaucoup d'ironie. Il veille sur Rinnerl comme sur une petite soeur, et cette dernière devient très amie avec lui, et avec Rian. Rinnerl aussi semble "veiller" sur toi, et si tu décides de te pencher sur les parchemins, elle reste toujours là pour soulager tes douleurs. Tu me mp si tu décides de lire les parchemins
Que je te donne la traduction. Depuis que Béthaniel est là, cependant, les douleurs sont moins fortes, et la lecture plus facile. Entendre Rinnerl aussi est facilité.
Mina: Depuis la conférence mentale, tu sens Ezarell beaucoup plus détendue et la descente ramène de la bonne humeur. Aux pauses, Beltran vient souvent te parler; te demander ton avis sur la manière de gérer le camp, ou lorsqu'un problème avec quelqu'un arrive. Il semble avoir confiance en tes talents humains autant que magiques. Ton Don de Boutefeu semble de plus en plus facile à utiliser d'ailleurs, car ton entraînement constant est sérieux. Ton professeur d'ailleurs te fait souvent des compliments.
Elbereth: tu vois Dellaria aller de mieux en mieux, et vous guider avec pratiquement aucune hésitation. Etrangement, quand elle traduit les paroles de l'inconnue, cela ne t'étonne pas. Et surtout, autour de cette femme, l'énergie est très pure. Tu sens que tu peux lui faire confiance, elle semble presque "briller". ]