Auteur Sujet: "On pique avec le bout pointu. " [Mina]  (Lu 9086 fois)

Héraut Irmingarde

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Re: "On pique avec le bout pointu. " [Mina]
« Réponse #15 le: 29 janvier 2012, 16:44:25 »
Irmingarde pencha la tête sur la droite, circonspecte. Beltran faisait parfois de drôles de têtes quand il était plongé dans ses pensées. Peut-être en le prenant de court:

"Tu penses à quoi?"

Avec un peu de chance, il allait répondre avec franchise sans s'en rendre compte.
Elle ne polémiqua plus au sujet de l'honneur et de la fuite. Après tout, le Capitaine, de part son poste, était beaucoup plus expert qu'elle pour décider de ce qui se faisait sur les champs de bataille ou pas. Et s'il l'était encore en vie maintenant, c'est que ses préceptes étaient sages à suivre.
Il avait l'air satisfait de ce qu'elle essayait de mettre en œuvre. Évidemment, l'épée du Capitaine ne bougea pas d'un pouce sous sa maigre pression, mais elle avait entendu dire que l'adrénaline pouvait faire des miracles. Elle lui posa d'ailleurs la question:

"C'est vrai que la peur peut décupler les forces de quelqu'un qui se bat?"

Elle fit un geste de la main, comme pour balayer un argument qui ne tarderai pas à venir, elle le savait:

"Je sais bien qu'il ne faut pas compter là-dessus mais bon..."

Bien, tomber sans se faire mal pour mieux attaquer ensuite? Effectivement, c'était plus difficile qu'elle n'avait pensé au début. La jeune femme savait s’étaler lamentablement au sol, mais le faire avec classe et de façon utile, c'était autre chose...
Ses yeux s'écarquillèrent au maximum quand Beltran s'approcha et posa sa main dans son cou pour la caresser jusqu'à l'épaule. Un frisson lui parcouru le corps des pieds à la tête. A quoi jouait le Capitaine? A la déstabiliser?
Et comment faisait-il pour avoir les mains si chaudes alors qu'il faisait si froid? Il fallait forcément qu'il soit brûlant pour qu'il laisse sur sa peau une sensation de chaleur intense!
Il faisait ce genre de chose avec ses soldats?
Mina avait le cerveau embrouillé, et ça l'énervait prodigieusement de devoir courir mentalement après ses idées qui s'enfuyaient aux quatre coins de son crâne.

Et ce qui devait arriver arriva. Beltran lui fit un espèce de croc-en-jambe en traître.
Dans le court espace temps entre le moment où ses pieds décolèrent de terre et celui où elle toucha le sol, Irmingarde essaya de faire quelque chose de constructif pour chuter avec le plus de panache possible.
Mais tout ce qu'elle su faire fut de mettre son épée le plus loin possible sans la lâcher - elle ne préféra pas imaginer ce que dirait le Capitaine si elle osait lâcher son arme - et se recroquevilla. Mais la hauteur de la chute était beaucoup trop courte pour qu'elle se retourne - dans le but de tomber à genoux - et elle tomba directement sur son coccyx, ce qui lui arracha un cri:

"Aie! Alors ça, c'est fourbe Beltran!"

Néanmoins, elle se retourna rapidement, en flexion sur la paume de sa main gauche et le poing tenant son épée de sa main droite et la pointe des pieds. Elle observa le Capitaine par en dessous et eut un sourire mutin mais décidé en lui disant:

"Cela dit, une des première choses qu'on m'a appris au Collegium, c'est "Si tu tombes, emporte le plus possible d'ennemis dans ta chute"...!"

Et sans crier gare, elle lui sauta dessus en attrapant ses jambes pour le faire basculer.
Elle aussi pouvait se montrer imprévisible!
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Beltran

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Re: "On pique avec le bout pointu. " [Mina]
« Réponse #16 le: 02 février 2012, 20:59:54 »
« A … rien. » éluda Beltran avec un sourire en espérant qu’on ne pouvait pas lire sa culpabilité sur son visage.

Il allait devenir un pro de l’improvisation et du masque du Capitaine respectable s’il fréquentait trop Irmingarde. Il se méfiait un peu de la Grise depuis qu’elle avait réussi à le prendre au dépourvu dans le couloir mais il se méfiait surtout de lui-même à cause des pensées parasites.
Il tenta de se concentrer sur son cours, et pria intérieurement pour que la jolie Liée d’Ezarell change rapidement de sujet. L’honneur et ce genre de choses étaient des sujets plus faciles pour lui, mais tellement complexes qu’il dut de nouveau trouver un moyen… de donner un autre rencard à la demoiselle – au final cela revenait effectivement à ça.

La pratique recelait moins de pièges oraux mais les traquenards de la chair n’étaient pas très loin, et Beltran s’en rendit compte lorsqu’il se surprit à trouver un moyen de toucher son élève sans avoir l’air d’être trop intéressé. Il avait déjà essayé ces techniques avec d’autres soldats, quoi que Mina ne pouvait pas s’en douter – et surtout à l’époque il n’avait pas eu des pensées détournées de son cours. Un soldat ou un futur soldat était un membre de la famille, une fille, un fils, et il était totalement asexué pour Beltran. Irmingarde avait le désavantage d’être « de la famille » mais pas asexuée et pas destinée à servir de nouveau sous ses ordres. L’attrait de sa peau, de son odeur était beaucoup trop facile à ressentir, surtout que le beau blond n’avait pas embrassé de femme depuis plus de huit mois !

« La peur, la colère, toutes les émotions fortes aident à être plus fort mais tu ne peux pas compter que sur ça. » confirma-t-il après sa question et sa remarque pertinente.

Le professeur se rapprocha de Mina et recommença son manège tactile. Elle ne s’y attendait pas, même s’il l’avait déjà fait. Elle frissonna – Beltran se retint de faire de même et se concentrer sur son objectif. Il fut atteint quand Mina alla dire bonjour à la boue pour la deuxième fois. Il accompagna sa chute et fut content de voir qu’elle avait tenté de suivre son conseil même si la réception n’était pas idéale.

« Je sais. » fit-il avec simplicité en réponse au cri frustré de la Grise.

Il lui fit un clin d’œil et admira l’étrange position qu’elle prenait avant de sourire :

« Le Collegium n’est pas si mauvais que ça alors ? »
Il était prêt à une quelconque action à cause de cette mise en garde mais le poids de la demoiselle le déstabilisa un peu… et puis ce n’était pas juste qu’elle soit la seule à gâcher ses vêtements. Sauf qu’il tomba donc plus volontairement que par accident et qu’il attrapa Irmingarde au vol avant de se mouvoir très vite pour la surplomber en l’écrasant à moitié de son poids. Elle pouvait largement respirer mais pas bouger. Il lui attrapa les poignets et la plaqua dans l’herbe sale.

« Coucou. » souffla-t-il. « Tu voulais me voir à terre, j’y suis. Et maintenant tu fais quoi ? » Il souriait et attendait réellement une réponse.

Pas forcément une réponse professionnelle.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Héraut Irmingarde

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Re: "On pique avec le bout pointu. " [Mina]
« Réponse #17 le: 02 février 2012, 21:56:43 »
Zut. Zut, zut, zut, et re-zut. Maudit Capitaine secret! C'était raté pour cette fois, mais Irmingarde se promit d'essayer de nouveau. On ne pouvait pas être tout le temps sur ses gardes, même quand on s'appelait Beltran de Greenhaven.
Elle eut un sourire déçu et fataliste.

Bien, il lui confirmait qu'on ne pouvait pas compter sur sa frousse pour se sortir de situation désespérée. Le mieux était de ne pas se retrouver dans ce genre de situation que seule la peur pouvait débloquer. Si elle comptait là-dessus, ces efforts seraient vains, comme si elle se forçait à avoir peur pour être plus forte.

"C'est l'idée..."lui confirma Ezarell.

Bon sang, qu'elle avait mal au derrière! Est-ce qu'elle pourrait marcher autrement qu'en canard et s'assoir de nouveau un jour?
Même si elle se concentrait sur sa position furtive pour attaquer, ça la lançait, mais elle n'allait pas se mettre à pleurer sur un simple bobo aux fesses, sinon, elle n'irait pas bien loin dans les combats.
Quand Mina sauta sur le Capitaine, elle espérait arriver à le renverser parce qu'il serait trop surpris pour garder l'équilibre. Pendant qu'elle décollait du sol, elle se fit la réflexion que le Capitaine de la Garde devait savoir faire face à ce genre de réactions imprévue. Mais c'était trop tard.
Elle sentit bien en l'entraînant dans sa chute qu'il tombait parce qu'il le voulait bien, sinon, il y aurait eu plus de pression contre ses bras pour rester debout. Et il aurait chu de façon moins "propre".

La jeune femme se laissa quand même aller à un cri de victoire avant d'être soudainement dépassée par les événements.
Elle était censée poursuivre son saut après lui et se réceptionner, mais fut interrompue par Beltran qui, elle ne savait comment, l'avait attrapée pour la plaquer contre le sol et se coller tout contre elle.
Alors que son corps pesait contre le sien, la situation changea brutalement. Le décor aussi.
Irmingarde avait fermé les yeux pour éviter d'être aveuglée par les éclaboussures de boue, et quand elle les rouvrit, l'espace d'une seconde qui dura très longtemps, ce n'était plus Beltran au dessus d'elle, et ce n'était plus le terrain d'entraînement du Collegium des Hérauts.
C'était la réserve à grain de leur domaine dans les Holds, et c'était son frère qui l'empêchait de bouger.
Alors, même si un coin de son cerveau savait encore parfaitement où elle se trouvait en réalité, et avec qui, ce fut la panique qui la submergea.
Elle ne pensait pas à avoir si vite à mettre en œuvre tout ce qu'il lui avait appris. L'adrénaline. La défense de son propre corps.
Mina se tortilla avec la force du désespoir pour libérer ses poignets, mais puisqu'elle n'avait que ses jambes pour l'aider, elle lui donna un coup de genou dans les parties, pas très fort, parce que ce n'était pas facile de se mouvoir, mais assez pour en profiter pour se retourner sur le ventre, ramper, et, tout en glissant dans la boue, retombant au sol, se redressant avec ses bras, elle s'éloigna, et courut, une fois debout, à quelques mètres de lui.
Ezarell l'avait rejointe dans un hennissement et s'était plaquée à ses côtés, parce que la panique de sa liée nécessitait sa présence, autant pour la protéger que l'empêcher de faire une bêtise.

La jeune femme tenait son épée droit devant elle, basse, et tremblait.
Elle cria sur le Capitaine, la voix hachée:

"Ne refais JAMAIS ça! Ce n'est... Il ne faut pas... tu... Jamais..."

Sa voix baissa d'un ton mais était toujours aussi tremblante.

"Ne refais jamais ça..."

Elle baissa son épée, et on aurait pu croire qu'elle s'était calmée mais non. Elle s'énerva, les geste saccadés.

"Tu... tu disais tout à l'heure... quand... quand tu m'apprenais comment me protéger de... de vérifier si ce n'était pas, pas une blague..."

Sa voix partait dans des notes aiguës et frôlait l'hystérie.

"Mais même si c'est... si pour toi c'est pour rire, ce... ce n'est pas drôle Beltran! Quel... quel type d'humour vous avez ici? Je... ne refais jamais ça..."


Mina baissa la tête.

"J'ai eu très peur."

Il était inutile, dans l'absolu, de le dire tant ça c'était vu. Irmingarde passa son bras gauche autour du cou de son Compagnon, pour se réconforter, et pour se forcer à arrêter de trembler. Elle savait que sa réaction était abusive, mais elle ne pouvait pas se contrôler. C'était de trop mauvais souvenirs qu'elle tentait d'occulter qui revenait à la surface brutalement. Elle s'était senti agressée.
Elle foudroyait toujours le Capitaine du regard mais n'arrivait pas à se calmer.

"Ais-je le droit de mettre le feu à quelque chose pour passer mes nerfs?"
"Mhh, oui, tant que tu n’abimes rien de précieux."
"Je suppose que le Capitaine de la Garde est considéré comme précieux?"
"Parfaitement..."
"Bien, alors..."


La jeune femme concentra son don sur un gros morceau de bois à 2 mètre de Beltran, prête à le faire flamber. Elle avait envie de lui faire peur à lui aussi.

[A toi de décider si ça brûle ou pas]
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Beltran

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Re: "On pique avec le bout pointu. " [Mina]
« Réponse #18 le: 02 février 2012, 22:21:16 »
Beltran sentit soudain que le malaise d'Irmingarde changeait brusquement de niveau. Quand il vit son regard se troubler, il ne comprit pas immédiatement que ce n'était pas une communication mentale avec Ezarell mais une vraie panique qui l'emplissait. Quand elle commença à se débattre, il se rendit subitement compte que ce n'était pas normal et qu'on sortait du contexte de l'entraînement. Il la relâcha subitement, sans pour autant pouvoir éviter le coup ( peu fort mais très douloureux ) à l'entrejambe et il ne tenta pas de la retenir. Dur quand on a les deux mains occupées. Les larmes aux yeux, il se força à respirer et à regarder vers Mina. Elle avait rampé dans la boue, s'était relevée pour rejoindre Ezarell.

"Irmingarde..."


Il était aussi désespéré qu'elle était paniquée, et il tenta de se relever pour regarder Ezarell.

"Je ne savais pas, je suis désolé."

Il n'était pas sûr de ce qui s'était passé mais les pièces du puzzle commençaient à s'emboiter dans son esprit. Le Compagnon semblait autant sur les nerfs que sa Liée et le Capitaine espéra qu'il n'allait pas aggraver les choses en se rapprochant. Mina le menaçait de son épée et sa voix trahissait sa grande peur et son émotion intense.

"Je suis désolé. Je suis désolé Mina."

C'était sûr et certain qu'il ne le referait plus jamais. C'était sûr, oui. Il leva les mains en geste de paix.

"Ce n'était pas que pour rire. C'est ... c'est utile normalement, mais j'aurai dû comprendre... Je suis désolé. Ce n'était pas de l'humour, c'était ..."

Il avait l'air idiot. Comment expliquer à Irmingarde que ce n'était pas de l'humour mais que oui, il l'avait pris à la légère, et qu'il n'aurait jamais deviné ce qui allait se passer.
La jeune Grise avoua qu'elle avait eu très peur.

"Je sais... Je suis désolé..." répéta encore une fois le Capitaine comme un petit garçon perdu.

Il n'osait pas avancer encore. Ezarell protégeait son Elue et il ne savait pas ce qu'il était censé faire pour aider son élève. Il avait encore mal mais c'était la jeune femme qui l'inquiétait.

Mina avait un regard étrange. Soudain une buche non loin partit en flamme. Une grande flammèche se tendit vers Beltran qui recula instinctivement. Soudain il redevint le Capitaine.

" Ca suffit! Ezarell, dis à ton Elue de se calmer. Utiliser son Don de cette manière n'est pas digne d'un Héraut."


En deux pas il fut sur Mina et la regarda droit dans les yeux:

"Je ne ferai plus jamais rien pour que tu te sentes agressée, et il est peut-être préférable que tu suives l'entraînement avec quelqu'un d'autre. Mais calme-toi, s'il te plait."

Derrière lui la buche continuait de flamber, le feu heureusement contenu par l'environnement humide.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Héraut Irmingarde

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Re: "On pique avec le bout pointu. " [Mina]
« Réponse #19 le: 02 février 2012, 22:55:22 »
Les paroles d'excuses de Beltran mettaient du temps à l'atteindre. Parce que Mina n'était pas assez calme pour mesurer ses propos.
Elle ne voyait pas la mine désolée du Capitaine, ni son air penaud et coupable, parce que son regard était trop brouillé par la peur. Aucune pensées intelligentes n'arrivaient à se fixer dans son esprit.
Plus que les flammes qu'elle fit faillir et qui lui permirent enfin de décharger sa colère, ce furent les cris du Capitaine qui la firent revenir sur terre aussi brusquement qu'elle avait paniqué.
Et le secousse mentale de son Compagnon qui la fit presque tanguer sur ses pieds.

"Le Capitaine a raison! Tu as calmé ta colère, maintenant, reprend toi. Ce n'est pas sain de réagir ainsi! Je n'aime pas qu'on me parle ainsi mais je dois me ranger à son avis. Et ne dis pas trop de bêtise parce que je sens les mots se bousculer dans ta bouche mon élue."


Ezarell lui envoya une onde de calme et d'affection puissante qui, effectivement, empêcha Irmingarde de dire des choses qu'elle aurait regretté. Elle se contenta de maugréer:

"La dignité n'a rien à voir là dedans..."

Elle n'avait pas envie que Beltran arrête de l'entraîner. Il avait fait tomber quelques barrières, ce serait plus dur avec quelqu'un d'autre. Il ne pouvait pas savoir pour son passé. Il faisait juste son travail de Professeur. Et elle était incapable de ne pas tout faire tourner au désastre.
Même si cela lui coûtait beaucoup, elle lui dit:

"Je suis désolée aussi. Désolée de t'avoir fait mal, désolée d'avoir réagit si violemment. C'est juste que... enfin, il faut faire attention avec moi, voilà tout. Je ne veux pas de quelqu'un d'autre que toi pour m'entraîner. Tu es le meilleur, tu le sais. Et j'ai besoin de quelqu'un avec un caractère comme le tien pour supporter tout ce que je ne sais pas faire et tout ce que je complique avec mes réactions incontrôlées. Tu me connais un peu."


Les mots qu'elle avait eu du mal à dire s'étaient transformés en phrases sans le moindre effort pour former un discours honnête qui venait du fond du cœur finalement.
Elle se frotta les bras avec ses mains. La panique passée, elle avait froid.

"Tu continueras?"

Elle n'attendit pas la réponse et s'approcha des flammes qu'elle avait conjuré, et se pencha pour les couvrir de boue afin de les étouffer.
En se relevant, elle grimaça.

"J'ai horriblement mal aux fesses... Je ne sais pas quand je pourrais de nouveau m'assoir. Ni comment faire passer cette douleur. On ne fait pas de massage à cet endroit là..."

Elle retourna vers lui, la démarche malhabile, tout en essuyant la boue de la lame de son épée avec un pan de son uniforme.

"Et j'ai froid maintenant..."


La jeune femme préférait parler de tout et de rien, espérant lui faire oublier sa réaction ridicule.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Beltran

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Re: "On pique avec le bout pointu. " [Mina]
« Réponse #20 le: 06 février 2012, 22:25:28 »
Beltran devait cacher à quel point le Don de Mina lui faisait peur. La magie n'avait déjà pas ses faveurs de base, mais il ne savait aussi que trop ce qui pouvait arriver quand le mage/le possesseur des Dons perdait le contrôle. A ses yeux, Irmingarde était justement en train de le faire, et il était terrorisé. Pour lui, évidemment, puisque la peur et la rage de sa compagne étaient dirigées contre lui, mais pour elle aussi. Il ne pouvait s'empêcher de la voir brûler de l'intérieur et il avait peur qu'elle ne puisse se retenir et qu'elle s'auto-détruise, réellement ou psychologiquement. Pour vaincre sa peur et la sienne, il avait pris son ton le plus sec possible, son ton de commandement, dès qu'il avait compris que les excuses ne suffiraient pas. Ezarell en avait pris pour son grade parce qu'elle n'avait pas réagi assez vite - mais le Compagnon était encore jeune, Beltran l'excusait, surtout qu'elle s'était exécutée assez vite.

Mina répondit finalement au capitaine qu'il n'était pas là question de dignité. Beltran n'était pas de son avis mais il n'avait pas envie de la contrarier plus que cela et il ne rétorqua pas ce qu'il avait sur le bout de la langue. Il enchaîna plutôt sur ses conclusions... et ne s'attendait absolument pas à ce qu'elle refuse qu'il arrête de l'entraîner. Ce qui l'étonna encore plus, c'est qu'elle prit sur elle pour s'excuser aussi.

" J'ai compris. Je ferai attention, je te le promets."

L'homme faillit rougir. Il savait qu'il était bon, mais s'entendre traiter de "meilleur" dans la bouche de celle qu'il connaissait de plus exigeante avait une saveur étrange après les accès de colère. Mais la Grise avait raison. Malgré la peur qu'il avait eu - qu'il avait encore, et malgré ces choses qu'il refoulait le plus possible, il n'allait pas laisser la responsabilité à quelqu'un d'autre de gérer ce genre de crise. Elle pouvait craquer à tout moment, et lui en avait fait assez l'expérience pour pouvoir l'empêcher d'aller trop loin. Du moins, il l'espérait.

"Si tu préfères, je le ferai." fit-il simplement à sa question directe, en priant pour qu'Ezarell puisse contrôler son Elue la prochaine fois.

Mina se réchauffait au feu qu'elle avait invoqué. Beltran se sentait gelé aussi mais les flammes étaient trop douloureuses pour lui pour qu'il accepte d'approcher pour le moment. Il fut secrètement soulagée quand l'élève Héraut s'occupa de faire disparaître les traces de son forfait. Quand elle se retourna vers lui avec des paroles tout aussi ambigues qu'auparavant, Beltran dut faire un effort pour ne pas répondre qu'il était d'accord pour lui faire des massages quand elle voulait, et il secoua la tête:

"J'ai entendu dire que les kestrach'ern faisaient des massages réellement efficaces partout, tu peux tenter d'en trouver un chez les guérisseurs."

Il approuva du regard le fait qu'elle nettoie son arme et se débarrassa lui-même aussi bien qu'il le pouvait de la boue qui le gênait et nettoya rapidement le plus gros de sa propre lame.
Puis il s'approcha d'Ezarell:

" Dame Ezarell, je suis un soldat, je n'ai pas l'habitude des courbettes et du langage fleuri sauf quand on m'y oblige. Je risque de vous parler souvent sur un ton qui ne vous plaira pas, tout comme je donnerai des ordres à Mina. Ce n'est pas contre vous, et j'espère que vous ne le prendrez pas mal. Je suppose que vous pouvez l'aider à se canaliser, ce serait une bonne idée et je vous remercie d'être intervenue."

Il n'était pas sûr que le blanc cheval l'ait fait mais il estimait qu'il avait donné un ordre et qu'on lui avait obéi. Un vrai capitaine quoi. Il s'inclina brièvement devant Ezarell en signe de respect - ses paroles s'étaient aussi adressées à Irmingarde mais il n'était pas sûr qu'elle l'ait pris pour elle.

" Tu as fait beaucoup d'efforts cette fois-ci, je ne vais pas te torturer plus longtemps. Je conseille qu'on rentre au chaud - ou tu veux que je te laisse un moment avec ton Compagnon? "

Il s'approcha d'elle et tendit la main pour enlacer ses épaules puis se retint pour ne pas la toucher:

"Tu acceptes que je te touches ?" demanda-t-il d'une petite voix gênée, bien loin du Capitaine sûr de lui dont il avait donné l'image ces dernières minutes.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Héraut Irmingarde

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Re: "On pique avec le bout pointu. " [Mina]
« Réponse #21 le: 06 février 2012, 22:56:24 »
Irmingarde aurait préféré ne pas avoir à autant perdre le contrôle pour lui faire comprendre qu'on ne pouvait pas faire n'importe quoi avec certaines femmes. Il ferait attention, elle le croyait sincèrement, mais elle lui précisa, si jamais plus tard, il avait à faire à d'autres femmes qu'elle:

"Je sais Beltran. Mais fait attention. Je ne sais pas exactement quelles sont les mœurs des femmes de Haven, mais les femmes des Marches... nous sommes très différentes."


Elle lui adressa un mince sourire quand il accepta de continuer son entraînement. Comme pour sa racheter, elle lui glissa un autre compliment, sans se rendre vraiment compte de la valeur de ses assertions, comme toujours:

"Tu es brave, Beltran. Tu as peur, tu me l'a dit, et je le sais. Et pourtant, tu va contre ça, pour mon bien. Je ne connais pas les Nobles du royaume pour faire des suppositions mais toi, en plus d'être de noble naissance, tu as une noblesse d'âme. Je respecte cela."


Quand elle lui fit la remarque sur sa douleur sourde qui lui remontait à présent dans le dos - le froid n'arrangeait rien - elle lui lança un regard interrogateur et balbutia:

"Un Kestra quoi? Qu'est-ce donc que ce métier? Je ne connais pas. Des massages partout?"
la jeune femme rougit "Je ne sais pas, je me renseignerais, mais c'est une chose très curieuse d'aimer masser les autres..."

Bien entendu, Mina n'avait aucune idée du plaisir que pouvait procurer un massage dans un contexte autre que professionnel. Son Compagnon ne considéra pas qu'elle avait besoin de savoir ça, pour le moment. Ce n'était pas à elle de l'instruire de ce genre de chose!
En revanche, Ezarell fut surprise par le Capitaine quand il lui adressa la parole. Elle mit quelque temps à composer une réponse à peu près diplomate, et la transmit à son élue.
Irmingarde sourit et dit à Beltran:

"'Zarell me dit de te répondre 'Je suis un Compagnon, je n'ai pas l'habitude de devoir répondre à autre chose que mon devoir, et mon élue. Mais pour la sécurité d'Irmingarde, je suis votre jugement. J'aide mon élue avec son don, je la protégerai toujours, parce que c'est mon rôle et que je l'ai choisie. Attention cependant à votre ton. Je sais que vous êtes le Capitaine de la Garde, mais moi je ne suis pas qu'un simple cheval, et je suis susceptible.'"

Elle ponctua sa transcription d'un éclat de rire. Son Compagnon drapé dans sa fierté, c'était quelque chose! Puis répondit à la question de Beltran:

"Je vais rentrer je pense. Je me suis occupé d'Ezarell ce matin, là, j'ai besoin d'un bon bain chaud plus que tout autre chose. Et de me renseigner sur ce que tu me dit, les massages et tout ça..."

Elle regarda sa tenue maculée de boue avec consternation.

"Je suis dans un état lamentable..."

La jeune femme fut surprise par le ton peu habituel qu'employait le Capitaine. Avait-il peur de l'approcher à présent? C'était un homme prévenant. Elle lui répondit avec délicatesse.

"Dans la mesure du... respect de mon intimité, je suppose que oui. Je te fais confiance. Même si c'est difficile pour moi."

Comme le moment était atrocement gênant, elle plaisanta:

"Mais tu dois m'apprendre à danser, n'oublie pas. Là, il faudra bien que tu me touches. Quand est-ce que nous reprendrons les entraînements et le cours de danse?"
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Beltran

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Re: "On pique avec le bout pointu. " [Mina]
« Réponse #22 le: 07 février 2012, 17:11:27 »
Beltran nota très sérieusement ce qu’Irmingarde lui répétait. Il ferait attention, c’était sûr désormais. Mais il n’était pas sûr que le comportement de la Grise vienne seulement de son éducation de Hold : il en connaissait d’autres et elles ne réagissaient pas aussi violemment à des gestes « anodins ». Non, de la part d’une Hold, il aurait attendu tout le contraire de cette agressivité et cette violence. Il n’insista pas sur ce point : quand son amie souhaiterait en parler, ou se confier d’une manière ou d’une autre, elle savait pertinemment qu’il serait là pour elle. En attendant, la seule chose qui comptait c’était de ne plus faire d’impair avec elle.

« Je ferai attention. » répéta-t-il une énième fois.

Il lui semblait que pour rassurer la jeune femme il allait devoir le répéter encore bien des fois pour que ça rentre dans sa tête. Il coupa cette assertion avec son accord pour continuer l’entraînement, et ledit accord fut accueilli favorablement par un autre compliment qui acheva de rassurer Beltran : si Mina lui parlait comme ça, c’est qu’elle n’allait pas lui en vouloir trop longtemps.

« Je fais mon possible. » répondit-il, troublé.

Il vivait selon l’honneur, comme il l’avait toujours fait, et il tentait de ne pas s’en détourner trop souvent malgré les tentations. Des tentations que les massages ramenaient sur le tapis. Il fut étonné qu’elle n’ait pas entendu parler des kestrach’ern. Mais elle venait de le rappeler : elle venait du fin fond de Valdemar :

« Ce sont des sortes de guérisseurs, en général tayledras, qui s’occupent de ton cœur pour guérir les angoisses, la douleur, ce genre de choses. Ca marche pas forcément mais ils sont très forts en massage. Il y en a au Collegium des Guérisseurs, et je suis sûr qu’il y en aura au moins un qui accepterait de t’avoir comme patiente. »

Il aurait voulu enchaîner mais il resta sobre et évita de préciser qu’un Kestrach’ern pouvait aller très loin dans ses « massages » :

« Certaines personnes vivent pour soulager les autres. Masser fait du bien, ils aiment faire du bien. »

Il lui fallut se concentrer ensuite pour s’adresser à Ezarell. Il n’aimait guère parler à un cheval, mais c’était juste un homme avec de longues dents sur lequel on pouvait monter – non ? Enfin, une femme, dans ce cas. En tout cas, il ne s’attendait pas à une telle réponse (transmise par Mina) mais il hocha la tête :

« Si chacun de nous sait ce qu’il a à faire, on peut s’entendre. Je sais que vous n’êtes pas un cheval, et je suppose que vous pouvez être susceptibles – toutes les deux- et je ferai attention, mais je n’exclue pas de parler sur un ton… de capitaine tant qu’Irmingarde sera sous mes… ordres en tant qu’élève. » prévint-il.

Le rire d’Irmingarde sonna clair dans l’air de plus en plus froid depuis que le feu était éteint et qu’ils se refroidissaient. La proposition du soldat fut accueillie par une large préférence pour un bain chaud et des massages. Il hocha la tête et regarda ses propres vêtements :

« Moi aussi. Finalement je crois que moi aussi je devrais avoir peur des blanchisseuses… »

Il se rapprocha d’elle puis demanda timidement s’il avait le droit de la toucher. Cela sembla étonner sa compagne qui apporta quelques précisions à leur relation.

« Je voulais juste te prendre par les épaules, comme je le ferai avec Saskia, ou Isabeau… » précisa-t-il en joignant le geste à la parole. Puis il rit aussi : « Je te préviendrai toujours d’abord et je mettrai des gants si tu veux. »

Puis il réfléchit – salua de la tête Ezarell et entraîna Mina vers la chaleur du Palais :

« Je pense que je pourrai me libérer une ou deux fois par semaine. Soit en début de matinée soit en début de soirée, comme tu préfères… En fonction de tes cours et de tes envies. J’ai de nouveaux lieutenants, ça me sera plus facile de déléguer de mon côté. »
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Héraut Irmingarde

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Re: "On pique avec le bout pointu. " [Mina]
« Réponse #23 le: 07 février 2012, 19:20:16 »
Comme à chaque fois qu'elle était intriguée, Irmingarde pencha la tête quand Beltran lui expliqua ce qu'était un Kestrach'ern. Elle livra son ressenti:

"Un guérisseur par le cœur? Curieux comme principe. Je me renseignerai je crois, nous verrons bien."

Se faire masser par une inconnue? L'idée n'était pas très attirante, mais en même temps, ses muscles commençaient déjà à la tirer, elle subodorait donc qu'elle en aurait bien besoin et que ça valait peut-être le coup de s'aventurer à tester ça. Il fallait bien qu'elle sorte un peu de ses habitudes de religieuse et s'ouvre au monde, sinon, elle allait se faner!

"Juste réflexion mon élue, tu ne pourras qu'aller mieux!"


Bon, si son Compagnon s'y mettait aussi!
Puis Ezarell refusa de répondre à Beltran à sa déclaration suivante. Elle estimait qu'elle en avait assez dit, et que de toute façon, il se rendrait compte bien assez tôt s'il dépassait les bornes avec elle.
Mina se contenta donc d'un sourire mystérieux pour réponse, traduisant le silence de son Compagnon.

Elle regarda le Capitaine de haut en bas. Avoir finit par terre ne l'avait en effet pas épargné avec la boue, et il perdait un peu de sa superbe comme ça.
Quand il lui dit qu'il utiliserait des gants, elle trouva la remarque assez anecdotique et en rit en précisant.

"Pas besoin d'aller jusque là tout de même, mais je te fais confiance pour faire attention."

Oui, il avait l'air d'avoir comprit et bien comprit, et même un peu trop, ce qui inquiétait quelque peu la jeune femme, mais elle n'y pouvait plus rien à présent...
Revenant vers le Colllegium, et sa chaleur salvatrice, Irmingarde sourit au Capitaine avec malice.

"Oh vraiment? Tu délègues? C'est parfait pour moi alors. On se voit la semaine prochaine pour la danse? J'ai beaucoup de cours de prévu à la fin de la semaine qui vont m'accaparer, mais par contre, je peux me libérer dans deux jours le matin pour un entraînement aux armes. Et puis cela te laisse le temps de trouver un endroit où je casserai le moins possible de chose en essayant d'être gracieuse!"

Elle plaisantait, mais elle était aussi angoissée pour la danse qu'elle ne l'avait été pour les armes. Elle pensait pouvoir être aussi dangereuse en tournant sur elle même qu'avec une épée!

Arrivée sur le seuil de Collegium, elle se tourna vers Beltran, et après une hésitation, posa sa main sur son avant bras pour y exercer une pression amicale.

"Merci Beltran, et encore désolée pour ma crise de nerf, je crois que je t'ai fait mal non?" elle rougit en jetant un coup d’œil là où elle avait tapé "Mais c'est que je suis bonne élève, j’apprends vite!"

Et sur un petit rire, elle s'échappa vers les dortoirs, et surtout, surtout, la baignoire!

[Je pense qu'on peut programme le cours de danse le lendemain du mariage secret d'Arthon nan?]
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Beltran

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Re: "On pique avec le bout pointu. " [Mina]
« Réponse #24 le: 14 février 2012, 14:44:35 »
Irmingarde confirmait : elle avait encore beaucoup à apprendre de Haven et de ses habitants – les habituels comme les invités. C’était bien d’avoir tant à apprendre. Cela présageait d’une vie intéressante ; mais comme le disaient les shin’a’hin, une des pires malédictions possibles était « puisse-tu avoir une vie intéressante ». Beltran garderait un œil dans les environs au cas où elle ait besoin d’aide pour découvrir tout ça – et le démon de l’aventure le reprit brusquement au corps : l’idée de retourner à son bureau pour s’enfermer après des mois de voyage ne lui plaisait plus autant qu’aux premières heures de leur retour.

La conversation entre la Grise et Beltran touchait à sa fin de par l’épuisement moral de l’un et de l’autre. Entre le « Cheval » et le Capitaine, ce n’allait pas être plus productif maintenant qu’ils avaient mis tous les deux les points sur les i. Les prochains cours s’annonçaient mouvementés.

Beltran dénonça l’état de sa tenue comme le probable coupable de la haine des lavandières, et tenta de détendre l’atmosphère en tournant l’éclat dramatique de la dernière heure avec un petit trait d’humour. Mina sembla comprendre mais sa réponse recelait quand même beaucoup de sérieux au goût du blond. Heureusement, la jeune femme se détendit quand ils se mirent en route pour rentrer. Le fait que Beltran soit plus libre semblait lui faire plaisir.

« D’accord. Si tu peux pratiquer les bases avec quelqu’un, pour les armes, par exemple avec Isabeau, vu que vous avez un peu le même niveau, ou avec Elbereth qui s’en sort pas mal, n’hésite pas. Entre amis, tu seras peut-être plus à l’aise. Enfin, quand on aura un peu avancé. »

Puis il lui sourit :

« On trouvera une vraie salle d’entraînement s’il le faut mais je prévoirai quand même des habits facilement lavables, parce que même moi je risque de gros ennuis si je rentre plusieurs fois de suite dans cet état…. »

Il nota ses disponibilités mentalement. Ils arrivaient déjà à l’entrée du Collegium et Mina reprenait la parole.

« Oui j’ai eu mal mais au moins ça veut dire que tu as compris le principe de base de la défense. » minimisa-t-il l’incident en acquiesçant à sa remarque. « Rentre bien. »

Elle lui lâcha le bras et s’en fut. Le Capitaine se sentit étrangement seul et déprimé une seconde, puis l’idée d’un bon bain et de retourner au travail le fit se sentir fatigué et déprimé, mais beaucoup moins seul.


[Ca marche, tu lances?]
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »